Réaliser une évaluation des risques professionnels : comment se lancer ?

Commencer son évaluation des risques professionnels

 

De nombreuses obligations en termes de sécurité des salariés en entreprise sont aujourd’hui sous la responsabilité de l’employeur. Et à ce jeu-là, toutes les entreprises n’ont pas les mêmes chances… Les démarches sont parfois lourdes ou difficiles à mettre en place pour des personnes non formées.

 

Et c’est malheureusement le cas pour l’évaluation des risques professionnels qui est soit trop compliquée, soit trop « légère » pour assurer son rôle. Alors avec toutes les informations disséminées à droite à gauche, par où commencer ?

 

Eh bien, commençons par le début, puis définissons le travail pas à pas :

De quoi parle-t-on ?

L’évaluation des risques professionnels, ou EvRP, constitue la plus grande partie du document unique. C’est un document obligatoire dans toute entreprise dès le 1er salarié.

 

Il s’agit d’un tableau représentant l’ensemble des risques de la société, avec une cotation (une note attribuée à chaque risque). Ces notes permettent de faire ressortir les risques les plus importants, puis de mettre en place un plan d’actions.

 

Connaitre l’objectif

Un des exercices excellent pour illustrer l’importance de connaitre l'objectif de toute action à mettre en œuvre est le suivant :

« Un formateur est face à une vingtaine de chefs d’entreprises pour les former aux techniques de management. Il demande à son auditoire de réaliser un objet volant avec une feuille. Imaginez un peu tous ces chefs d’entreprises en train de plier leurs feuilles afin de créer le plus bel avion possible.

Une fois que tous les responsables eurent fini leurs pliages, le formateur leur expliqua le but de la manœuvre : leur objet volant devrait atteindre une cible, tracée sur du papier, à l’autre bout de la salle. Imaginez un peu le désastre… 20 avions volants partout dans la pièce, mais pas un n’a pu atteindre la cible. Le dernier a se lancer, ne se souvenait pas des méthodes de pliage pour réaliser un bel avion, il s'était du coup contenté de faire une boule de papier (ce qui lui pris moins de temps et qui nécessitait moins de technicité), mais ce jour là, ce fut le seul objet à atteindre la cible.

Que devons-nous retenir de cet exemple ? Que rien ne sert de commencer un travail tant que nous n’en connaissons pas la finalité. »

 

La finalité d'un document d' évaluation des risques professionnels est d’identifier les risques principaux présents dans l’entreprise et de mettre en œuvre des actions permettant, au mieux de les supprimer ou à défaut, de les limiter.

 

Vos salariés (et vous-même) ne viennent pas au travail pour être blessé ou pour tomber malade (maladie professionnelle). Ce document est donc un outil permettant d'atteindre cet objectif.

 

Pour cela, il doit est utile et efficace (et respecter la réglementation – bien entendu !)

 

 

Connaitre la démarche

Vous pouvez vous contenter de rédiger votre fichier Excel, mais il y a peu de chance que ce travail ne suffise aux yeux de l’inspection du travail. Le document unique est en fait la base d'un système de management de la sécurité, c'est un processus, plus qu'un document.

 

Mais ne vous inquiétez pas, ce processus s'adapte à la taille de votre structure. En règle générale, il reste simple pour les petites sturctures et plus complexes pour les plus grandes.

 

Dans le Pack DU, vous retrouverez les 7 étapes pour réaliser le document unique de votre entreprise, ainsi que la démarche accélérée vous permettant de réaliser ce travail en 3h.

Choisir son support

Le support pour réaliser votre évaluation des risques va dépendre de l’importance que votre employeur donnera à ce travail. J’ai déjà rencontré des entreprises de plusieurs centaines de personnes réalisant le document unique sur Word et des entreprises plus petites utilisant Excel ou même des logiciels spécialisés avec des degrés de précision variables.

 

Alors comment choisir ?

Word

De manière générale, je vous déconseille fortement d’utiliser Word. Le document unique s’approche plus d’un tableau ou même d’une base de données est doit être géré en tant que tel. Dans le cas présent, vous allez avoir besoin de réaliser des calculs (qui devront être automatiques), permettre de réaliser des tris dans les colonnes… bref, pleins d’options que Word ne présente pas actuellement.

Excel

Vous pouvez utiliser Excel, c’est à mon sens la meilleure solution : c’est un logiciel présent dans toutes les entreprises ou presque. Les fonctionnalités qui doivent être utilisées ne sont pas les plus complexes à mettre en place. Si vous passez par le Pack Document Unique, les formules sont directement intégrées dedans. Le temps de formation sur la lecture ou la modification du document est donc très réduit.

Logiciel spécialisé

Vous pouvez également passer par un logiciel. Il existe aujourd’hui une large gamme de logiciels traitant de ce sujet (en plus de beaucoup d’autres), mais nous sommes dans un marché en pleine expansion, les logiciels sont souvent chers et ne proposent pas la même souplesse ou facilité d’utilisation. Sans oublier qu’une fois votre travail commencé via un logiciel, vous aurez de nombreuses heures de formation, d’intégration de votre contenu (+ les archives si besoin) et si vous finissez par vouloir en changer, vous vous retrouverez bloqué car les informations ne seront pas ou peu transposables d’un logiciel à un autre.

 

 

Pour résumer un peu, les logiciels sont très intéressants, à partir du moment où votre entreprise met les moyens (humains et financiers) vous permettant de faire du travail de qualité. Les informations seront traitées comme dans une base de données. Si votre corps de métier n'est pas la sécurité en entreprise, restez simples choisissez l'efficacité, utilisez un fichier Excel.

Choisir le système de cotation

Maintenant, vous allez devoir choisir le système de cotation le plus approprié. Une fois encore, comme la réglementation n'impose aucun formalisme, vous aurez donc à faire un tri en fonction des différentes options qui vous trouverez.

 

D'un point de vue général, je vous conseille de vous limiter à trois critères :

  • la fréquence d'exposition : le nombre de fois que vous vous retrouverez face à ce risque.
  • la gravité : estimer le niveau de gravité de la blessure en cas d'accident.
  • le niveau de protection : il faudra estimer si le niveau de protection actuel est suffisant pour protéger efficacement contre le risque de blessure.

Ensuite, en fonction des entreprises, ces critères seront additionnés et/ou multipliés et le résultat donnera une "note finale" à ce risque. Il faudra ensuite définir les seuils pour lesquels les risques seront plus ou moins graves et associés ou non à des actions correctives.

 

Pour ma part, cette note est associée à une couleur : vert, jaune, orange et rouge, en fonction du niveau de risque. Puis seuls les risques rouges et orange font l'objet d'un plan d'actions.

 

 

C'est parti !

 

Enfin, si tous ces détails vous semblent fastidieux, n'hésitez pas, passez par le Pack DU, il vous simplifie la vie, c'est fait pour ça !

 Photo by Helloquence on Unsplash

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